Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum

Log in
updated 11:45 PM UTC, Sep 16, 2021

Religionis zelus 1528

BULLE « RELIGIONIS ZELUS » CLEMENT VII

Viterbe, 3 juillet 1528. – Aux frères Ludovico et Raffaele da Fossombrone, observants, sous la protection des conventuels pour mener la vie érémitique et observer intégralement la Règle, est concédé : l’absolution générale de toute censure et peine ecclésiastique ; de porter l’habit à capuce carré ; de recevoir des candidats ; de porter la barbe ; de se retirer dans des ermitages et de mendier partout ; de jouir « aeque principaliter » des privilèges, indults et grâces concédés et à concéder à l’Ordre des frères mineurs et aux ermites camaldules. Suivent les peines contre les contrevenants, les clausules dérogatoires et le mandat exécutoire.

CLEMENT ÉVÊQUE SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU

Aux chers fils Ludovico et Raffaele da Fossombrone, profès de l’Ordre des frères mineurs, salut et bénédiction apostolique.

1. Le zèle de la religion, la bonté de vie et de mœurs et autres mérites louables d’honnêteté et de vertus, sur la base desquels vous nous êtes recommandés par des personnes dignes de foi, nous poussent à consentir favorablement pour autant que nous le pouvons dans le Seigneur, à vos désirs, particulièrement à ceux qui concernent le salut des âmes et la propagation de la religion.

2.  La supplique que vous nous avez récemment présentée affirme que dans le passé, mus par le désir de servir le Très Haut, vous êtes entrés dans l’Ordre des frères mineurs dits de l’Observance, où, après avoir émis la profession, vous avez vécu pendant un certain temps ; ensuite, après en avoir obtenu la permission de celui qui était alors votre supérieur, conformément aux lettres apostoliques relatives à l’union et concorde entre les dits frères et ceux appelés conventuels, vous vous êtes unis à ces derniers et vous avez été accueillis avec bienveillance par celui qui était alors le maître provincial de la province des Marches des frères appelés Conventuels, en étant comptés parmi eux et associés au groupe des autres frères Conventuels de cette même province ; Mais ensuite, comme vous désiriez pour le salut de vos âmes et la gloire de Dieu, mener la vie érémitique, et observer pour autant que le permet la faiblesse humaine la Règle du bienheureux François, le dit maître provincial vous concéda la permission d’accéder à la Curie Romaine pour demander  et obtenir tout ce qu’il vous paraitrait opportun de demander à nous-même et au Siège Apostolique.
 
3. Or notre cher fils André, cardinal prêtre du titre de Sainte Prisca, protecteur du dit Ordre, vous concéda de faire une telle supplique, mais de telle manière que quelqu’un de votre groupe et en votre nom à tous, soit tenu en signe de soumission, de se présenter chaque année au maître provincial ou au chapitre de la province des dits frères Conventuels ou vous habiterez, et que ce maître lui-même, s’il cela lui paraît opportun, puisse, une fois l’an et pas plus, vous visiter et s’il trouvait que vous n’observez pas la dite Règle, qu’il puisse vous exhorter à l’observer plus pleinement et vous y contraindre par les moyens adaptés ; mais qu’ il ne cherche pas en plus de cela, à vous transférer d’un lieu à un autre, ni à vous enjoindre ou exiger de vous quoi que ce soit d’autre, mais qu’il soit tenu plutôt de vous protéger et défendre, pour que vous puissiez servir en paix le Très Haut dans les choses divines selon ce qui est davantage précisé dans les lettres patentes du Cardinal protecteur et du maître provincial.

4. Puisque de votre part il nous a été humblement demandé que nous daignions par bonté apostolique vous concéder la faculté de mener ce genre de vie érémitique et de pourvoir opportunément aux autres choses indiquées précédemment

5. Nous donc, qui désirons le salut des âmes, nous absolvons et tenons comme absout en vue de l’effet des présentes lettres, celui d’entre vous qui se trouverait lié de quelque manière par n’importe quelle censure, peine et autre sentence ecclésiastique d’excommunication, suspension et interdit, portés par le droit ou par un homme en quelque occasion ou cause que ce soit, et considérant comme suffisamment explicites les lettres susdites et tout ce qu’elles contiennent et touché par vos suppliques, nous vous concédons par autorité apostolique et par le contenu des présentes de mener la vie érémitique selon la Règle mentionnée ; et de porter l’habit à capuchon carré ; et de recevoir dans votre communauté aussi bien des clercs séculiers et des prêtres que des laïcs ; et eux comme vous de porter la barbe ; et de vous retirer en quelque ermitage ou quelque lieu, après en avoir reçu le consentement des seigneurs de ces lieux, et d’y habiter et d’y mener là une vie austère et érémitique et de mendier en n’importe quels lieux ; et nous vous concédons licence et faculté pleine et libre d’utiliser, de posséder et de vous servir “aeque principaliter”, librement et licitement de tous et chacun des privilèges, indults et grâces, qui, de manière générale ou spécifique ont été concédés jusqu’à aujourd’hui ou qui le seront dans l’avenir, aussi bien à l’Ordre des frères mineurs qu’à l’ermitage des camaldules du bienheureux Romuald et à ses ermites, comme ils s’en servent, les possèdent, en jouissent ou en jouiront dans l’avenir.

6. Et nous ordonnons en outre, par ces écrits apostoliques, à tous et chacun des archevêques, évêques, abbés et à tous les dignitaires ecclésiastiques, aux chanoines des églises métropolitaines ou des autres cathédrales, aux vicaires généraux de ces archevêques, évêques et abbés de vous fournir personnellement  ou par un autre une défense efficace et de vous mettre en mesure, tous et chacun, d’utiliser et de jouir en paix de toute et chacune des facultés signalées, et de ne pas permettre que l’un d’entre vous soit à l’encontre de la teneur des présentes frappé, empêché ou inquiété. Qu’ils poursuivent aussi, à leur discrétion, n’importe lesquels des contrevenants ou rebelles, à l’aide de censures et peines ou autres mesures légales, sans concession d’appel, et en recourant si nécessaire au bras civil.

7.  Nonobstant la constitution apostolique de notre prédécesseur d’heureuse mémoire Boniface VIII, émanée en une diète et en un Concile général de deux diètes, et les autres constitutions ou dispositions pontificales ; les statuts et les coutumiers de l’Ordre, même confirmés par serment et approuvés par le Siege apostolique ou renforcés par d’autres liens ; les privilèges, indults ou lettres apostoliques concédés par n’importe quel pontife romain notre prédécesseur, ou par nous-même et le Siege Apostolique que ce soit à titre de loi générale ou de statut perpétuel, motu proprio, de science certaine, avec la plénitude de notre pouvoir ; avec quelque genre de clausules : qui invalident, abrogent, oblitèrent, révoquent, préservent, limitent, rétablissent, déclarent, attestent, enfreignent les dérogations, prévalent sur toutes les autres, très efficaces et insolites, concédées, confirmées et renouvelées plusieurs fois de quelque manière en consistoire, nous dérogeons expressément et de manière spéciale à toutes, pour cette fois seulement,  les maintenant en vigueur pour le reste, nonobstant toute cause contraire, mêmes dans les cas pour lesquels, pour obtenir une dérogation efficace, une mention spéciale de celles-ci et de tout leur contenu, parole par parole, est nécessaire et où même les clausules générales équivalentes ne sont pas suffisantes et où il faut faire mention expresse ou observer une forme spéciale et où il est expressément affirmé qu’on ne peut pas déroger à celle-ci, considérant que par la teneur des présentes leur contenu est suffisamment exprimé et reproduit mot à mot, et que sont observées les modalités et les formes spécifiquement établies en la matière.

8.  Qu’il ne soit donc licite à personne parmi les hommes, d’enfreindre cette page de notre absolution, concession, disposition et dérogation, ou de s’y opposer par un acte action téméraire.

Si quelqu’un présumait de le tenter, qu’il sache qu’il encourra l’indignation de Dieu Tout Puissant et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul.  

Donnée à Viterbe, l’an 1528 de l’Incarnation du Seigneur, le 3 juillet, en la cinquième année de notre pontificat.         

Fonte – www.fraticappuccini.it

 


bulla religionis zelus

Versione originale in latino - Collectanea franciscana, Annus 48, 1978, p. 243 – 248

BULLE “RELIGIONIS ZELUS”

(Texte corrigé)

Avec intervention de la duchesse de Camerino Catherina Cybo, la Réforme ou Congrégation capucine, a été approuvée par le Pape Clément VII par le bref Exponi nobis donné à Viterbe le 3 juillet 1528, et envoyé à la même date sous plomb c’est-à-dire en forme de bulle commençant par les mots Religionis zelus. La rédaction de celle-ci a effectué plusieurs changements, la substance du bref restant la même. Outre l’original de la bulle transmis au Frère Ludovico de Fossombrone, deux copies authentiques ont été faites : l’une pour Raphaele, le frère de sang de Ludovico, l’autre pour Catherina Cybo. Aujourd’hui il ne reste aucun de ces exemplaires, mais le travail de rédaction du bref, ce qui est appelé “minuta”, est conservé dans l’Archive vaticane.

A Ancône, le 10 juillet 1579, le chroniqueur Marius de Mercato Saraceno fit faire par Vincent Pavesius, notaire apostolique public, deux copies authentiques des trois premiers documents du S. Siège concernant la réforme naissante, à savoir le bref Ex parte vestra de la S. Paenitentiaria du 18 mai 1526 donné aux frères Ludovico et Raffaele de Fossombrone ainsi qu’à Matteo da Bascio, de la bulle Religionis zelus et du bref également Ex parte vestra du 11 septembre 1528 concédés par la même Paenitentiaria aux cinq membres des Observants des Marches aussitôt agrégés à la congrégation capucine. Ces trois copies, liées ensemble formèrent deux rouleaux formés d’une membrane dont la dimension est de 120 centimètres sur 45,5 : l’un est conservé dans l’archive général de l’Ordre, l’autre dans l’archive provincial de la Province du Picenum dans la ville d’Ancône.

Pour ce qui concerne la copie de la bulle, celle qui était conservé jusqu’au XVIIème siècle dans la ville de Fossombrone – comme indiqué – elle a été faite à partir de l’original. C’est à partir de l’exemplaire de l’archive général, que Zacharias Boverius rendit de droit public le texte de la Bulle, dans ses Annales Capuccinorum (I, Lugduni 1632, 94-96), sans toutefois l’extraire avec fidélité, puisqu’en plus de variantes mineures ou de moindre importance, s’y trouvent quelques omissions. C’est de Boverius qu’en ont extrait le texte, aussi bien Lucas Wadding (I, Annales Minorum XVI, ad Claras Aquas3 l933, 296-298 ou 257s) que l’éditeur du Bullarium Capuccinum (I, Romae 1740,3s), auprès desquels les mêmes omissions sont trouvées sauf d’autres variantes dont celles qui leur sont propres. De cette même copie authentique, Laertius Chembini dans son Magnum Bullarium Romanum (I, Lugduni 1673, 672s), édita assez fidèlement le texte que reprirent les éditeurs du Bullarium Romanum (ed. Taurinensis, VI, Augustae Taurinorum 1860, 113-115).

Il faut pourtant reconnaître que les deux exemplaires de la copie d’Ancône (encore que, comme l’atteste le notaire susdit, extraites fidèlement du texte original et écoutées mot après mot et reportées de même) ne manquent pas d’erreurs d’inscription, qui ne sont pas corrigées ; que de plus ces corrections du scribe tirées de ces exemplaires, ont été soupçonnées bien que l’une dépende de l’autre, de ne pas avoir été, l’une et l’autre, transcrites de l’original.

Comme les savants qui traitent de notre sujet, ont l’habitude d’utiliser le texte qui leur est commodément offert par Boverius, ou Wadding, ou le Bullarium capuccinum ou le Bullarium romanum, nous offrons le texte corrigé des copies authentiques, purifié des erreurs les plus évidentes. Comme ces copies manquent de moment paléographique ou diplomatique, dans notre texte nous utilisons l’orthographe moderne. Pour raison de clarté de lecture, nous conservons aussi les paragraphes déjà numérotés par Boverius et les Bullaires précédents. Les erreurs et variations aussi bien des copies que des textes édités nous les mettons en bas de page en utilisant les sigles suivants : TrA et R (exemplaires conservés des copies d’Acône et Rome), B (Boverius=, W (Wadding), BC (Bullarium Capuccinum), BR (Bullarium Romanum, ed. Taurinensis)

 

Reformatio seu congregatio capuccina, Catharina Cybo ducissa Camerinensi intercedente, a Clemente Pp. VII approbata est brevi Exponi nobis dato Viterbii die 3 iulii anni 1528, et eadem datatione sub plumbo expedito, i. e. in forma bullae incipientis verbis Religionis zelus. Huius redactio in pluribus mutata est, brevis substantia eadem permanente. Praeter originale bullae fratri Ludovico de Fossombrone traditum, bina transumpta authentica facta sunt: unum pro Raphaele, Ludovici germano fratre, alterum pro Catharina Cybo. Ex quibus exemplaribus tamen hodie nullum superest. Immo, in archivo vaticano scriptio, quam “minuta” aiunt, tantummodo brevis servatur.

Anconae die 10 iulii anni 1579 chronographus Marius de Mercato Saraceno bina transumpta authentica trium primorum documentorum S. Sedis nascentem reformationem respicientium per Vincentium Pavesium, publicum notarium apostolicum, conficienda curavit, scil. brevis Ex parte vestra a S. Paenitentiaria die 18 maii anni 1526 fratribus Ludovico et Raphaeli de Fossombrone necnon Matthaeo de Bascio dati, bullae Religionis zelus, et brevis pariter Ex parte vestra die 11 septembris anni 1528 ab eadem Paenitentiaria concessi quinque sodalibus Observantibus Marchiae statim congregationi capuccinae aggregatis. Haec tria transumpta, conglutinata, duos rotulos membranaceos efformant, quibus est mensura 120 centimetrorum per 45,5: unus in archivo generali Ordinis asservatur; alter in archivo provinciali provinciae Picenae in urbe Ancona.

Ad transumptum bullae quod attinet, illud ex originali, quod in urbe Fossombrone - ut fertur - adhuc saeculo XVII custodiebatur, confectum est. Ex exemplari archivi generalis Zacharias Boverius in suis Annalibus Capuccinorum (I, Lugduni 1632, 94-96) textum bullae publici iuris fecit, non tamen fideliter exscriptum, cum, praeter variantes minoris seu minimi momenti, nonnullae omissiones in eodem deprehendantur. Textum a Boverio excerpserunt tum Lucas Wadding (Annales Minorum XVI, Ad Claras Aquas 3 1933, 296-298 vel 257s) tum editor Bullarii Capuccini (I, Romae 1740, 3s), apud quos eaedem omissiones inveniuntur praeter alias variationes cuiusque proprias. Ex eodem transumpto authentico Laertius Chembini textum satis fideliter edidit in suo Magno Bullario Romano (I, Lugduni 1673, 672s), quem editores Bullarii Romani (ed. Taurinensis, VI, Augustae Taurinorum 1860, 113-115) resumpserunt.

Fatendum tamen est quod transumpti anconitani bina exemplaria (licet, teste praedicto notario fideliter ex authentico originali exscripta et “de verbo ad verbum”  auscultata et cum eodem collata) erroribus exscriptionis minime careant, qui nullo modo emendati sunt; immo, quia eadem scribae menda in illis exemplaribus deprehenduntur, suspicari licet unum ab alio pendere, minime utrumque ex originali exscritum fuisse.

Quia studiosi viri, de re nostra agentes, textu vel a Boverio vel a Wadding vel a Bullariis Capuccino et Romano oblato suo quisque comodo uti solent, textum emendatum transumptorum autheticorum, ab evidentioribus mendis purgatum, offerimus. Cum autem illa transumpta momento palaeographico seu diplomatico careant, in hoc nostro textu modernam orthographiam adhibemus. Claritatis lectionis causa, paragraphos iam a Boverio et a praedictis Bullariis numeratas et nos servamus. Errores et variationes sive transumptorum sive textuum editorum ad calcem adnotamus, his siglis utentes: Tr A et R (exemplaria transumptorum Anconae et Romae servatorum),  B (Boverius), W (Wadding), BC (Bullarium Ccapuccinum), BR (Bullarium Romanum, ed. Taurinensis).

En igitur textus emendatus:

CLEMENS EPISCOPUS

SERVUS SERVORUM DEI

dilectis filiis Ludovico et Raphaeli de Foro Sempronii1

Ordinis fratrum Minorum professoribus, salutem et apostolicam

benedictionem.

 

Religionis zelus, vitae ac morum honestas aliaque laudabilia probitatis et2 virtutum merita, super quibus apud nos fide digno commendamini testimonio, nos inducunt ut votis vestris3, praesertim quae animarum salutem et religionis propagationem respiciunt, quantum cum Deo possumus favorabiliter4 annuamus.

 

[1] Sane pro parte vestra nobis nuper exhibita petitio continebat quod vos, olim fervore serviendi5 Altissimo ducti, Ordinem fratrum Minorum de Observantia nuncupatorum ingressi, in eo, professionem emissi6, per certum tempus permansistis, et deinde de licentia vestri7 tunc superioris, iuxta formam litterarum apostolicarum super unione et concordia inter praedictos et Conventuales nuncupatos fratres dicti Ordinis edita confectarum, ad ipsorum fratrum Conventualium consortium vos transtulistis, et a tunc magistro provinciali provinciae Marchiae dictorum fratrum Conventualium benigne recepti, ac aliorum fratrum Conventualium eiusdem provinciae numero et consortio aggregati fuistis; et deinde, vobis desiderantibus, pro animarum vestrarum salute ac Dei gloria, eremiticam vitam ducere, et, quantum8 humana patitur fragilitas, Regulam beati Francisci observare, dictus magister provincialis licentiam ad Romanam Curiam  accedendi, et a nobis ac Sede Apostolica quaecumque ad animarμm vestrarum salutem ac9 Dei gloriam opportuna vobis viderentur petendi et impetrandi, concessit.

[2] Ac10 etiam dilectus filius noster Andreas, tituli Sanctae Priscae presbyter cardinalis, dicti Ordinis protector, vobis ut similem impetrationem faceretis11 indulsit12, ita tamen quod unus ex consortio vestro, omnium vestrorum nomine, magistro provinciali seu capitulo provinciae dictorum fratrum Conventualium, in qua habitaretis, singulis annis se praesentare in signum subiectionis teneretur, et ipse magister, si sibi videretur, semel in anno, et non ultra, vos visitare, et, si inveniret13 vos Regulam praedictam14 non observare, ad eam plenius observandam vos admonere ac debitis modis compellere posset; praeter haec autem, nec vos de loco ad locum transferre nec aliquid aliud vobis iniungere aut a vobis exigere valeret, sed potius vos tueri et defendere teneretur, ut in pace possetis Altissimo in divinis famulari15, prout in litteris patentibus eorundem cardinalis protectoris et magistri provincialis desuper confectis plenius dicitur contineri.

[3] Quare, pro parte vestra, nobis fuit humiliter supplicatum ut vobis vitam eremiticam huiusmodi16 ducendi facultatem concedere aliasque in praemissis opportune providere17 de benignitate apostolica dignaremur.

[4] Nos igitur, qui salutem cupimus animarum, vestrum quemlibet a quibusvis excommunicationis, suspensionis et interdicti aliisque ecclesiasticis sententiis, censuris et poenis, a iure vel ab homine quavis occasione vel causa latis, si quibus quomodolibet innodatus exsistit18, ad effectum praesentium dumtaxat consequendum, harum serie absolventes et absolutum fore censentes19, ac litteras praedictas et in eis contenta quaecumque praesentibus pro sufficienter expressis habentes20, huiusmodi supplicationibus inclinati, auctoritate apostolica, tenore praesentium, vobis ut secundum Regulam praedictam vitam eremiticam ducere,

[5] et habitum cum caputio quadrato gestare,

[6] necnon omnes, tam clericos saeculares et presbyteros quam laicos, ad vestrum consortmm recipere,

[7] ac tam illi quam vos barbam deferre,

[8] et ad eremitoria seu loca quaecumque, cum consensu dominorum eorundem locorum, vos conferre, et in eis21 habitare vitamque austeram et eremiticam inibi agere, et in quibuscumque locis mendicare,

[9] necnon omnibus et singulis privilegiis, indultis et gratiis Ordini22 fratrum Minorum huiusmodi ac eremo camaldulensi beati Romualdi illiusque eremitis in genere vel in specie hactenus concessis et in posterum concedendis, et quibus ipsi quomodolibet utuntur, potiuntur23 et gaudent, ac uti, potiri et gaudere poterunt in futurum, vos quoque aeque principaliter, sicut ipsi, uti, potiri et gaudere libere et licite valeatis, plenam et liberam licentiam ac24 facultatem concedimus.

[10] Et nihilominus universis et singulis archiepiscopis, episcopis et abbatibus aliisque in dignitate ecclesiastica constitutis personis, necnon canonicis metropolitanarum vel aliarum cathedralium ecclesiarum ipsorumque archiepiscoporum, episcoporum et abbatum vicariis in spiritualibus generalibus25 per apostolica scripta mandamus quatenus eorum quilibet, per se vel alium seu alios26, vobis et vestrum cuilibet, in praemissis efficacis27 defensionis praesidio assistat, et faciat vos et vestrum quemlibet praemissis28 omnibus et singulis pacifice frui et gaudere, nec permittat vestrum quemlibet29 contra tenorem praesentium modo aliquo molestari, impediri, aut inquietari. Contradictores quoslibet et rebelles, etiam per quascumque, de quibus sibi placuerit, censuras et poenas et alia iuris30 remedia, appellatione postposita, compescendo, invocato etiam31 ad hoc, si opus fuerit, auxilio brachii saecularis.

[11] Non obstantibus felicis recordationis Bonifatii Pp. VIII, praedecessoris nostri, etiam de una et in32 Concilio33 generali de duabus dietis edita, ac aliis constitutionibus et ordinationibus apostolicis necnon dicti Ordinis statutis et consuetudinibus etiam iuramento, confirmatione apostolica vel quavis firmitate alia roboratis, privilegiis quoque, indultis ac litteris apostolicis per quoscumque Romanos Pontifices praedecessores nostros ac nos et Sedem praedictam, etiam per vim35 generalis legis et36 statuti perpetui, ac motu proprio et ex certa scientia ac de apostolicae potestatis plenitudine, et cum quibusvis irritativis, annullativis, cassativis, revocativis, praeservativis, exceptivis, restitutivis, declarativis, mentis37 attestativis ac derogatoriarum derogatoriis aliisque38 efficacioribus, efficacissimis et insolitis clausulis et consistorialiter quomodolibet etiam pluries concessis, confirmatis et innovatis. Quibus omnibus, etiamsi pro illorum sufficienti derogatione, de illis eorumque totis tenoribus specialis, individua ac de verbo ad verbum, non autem per clausulas generales idem importantes, mentio seu quaevis alia expressio habenda aut certa exquisita forma servanda foret et in eis caveatur expresse quod illis nullatenus derogari possit, illorum etiam tenores praesentibus pro sufficienter expressis ac de verbo ad verbum insertis, necnon modos et formas ad id servandas pro individuo servatis habentes, hac vice dumtaxat, illis alias in suo robore permansuris harum serie specialiter et expresse derogamus, ceterisque contrariis quibuscumque.

Nulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostrae absolutionis, concessionis, mandati et derogationis infringere vel ei39 ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attentare praesumpserit, indignationem Omnipotentis Dei et40 beatorum Petri et Pauli apostolorum eius se noverit incursurum.

Datum Viterbii, anno Incarnationis Dominicae millesimo quingentesimo vigesimo octavo, quinto nonas iulii, pontificatus nostri anno quinto.

[Ad calcem] Gratis pro Deo. P. Medina. B. Tucchis. Chr. Aquillis secretario. Villareal. Jo. Molucti. F. Guadens. A. Gratiadei. B. de Braccijs.

[Addit notarius:] Omisso sigillo plumbei cum improntis videlicet ab uno latere capita Beatorum Apostolorum Petri et Pauli, et ab alio Clemens PP. septimus cum cordulis siricis rubei et ialli.

[A tergo] Registrata in secretaria apostolica.

Edidit ISIDORUS AGUDO  
Archivista generalis Ordinis


Notae

1 Foro Sempronii] Forosempron.  Tr A et R, Forosemproniense BR, Forosempronio B, W, BC.
2 et] ac B, W, BC, BR.
3 vestris] nostris Tr A et R.
4 favorabiliter] favorabilem Tr A et R, B, BR, favorabiles BC.
5  fervore serviendi] favore serviendo Tr A et R, favore serviendi BC.
6 in eo, professionem emissi] in ea professione emissi Tr A et R, in eo professione emissa W, in ea professione emissa BC, in ea professionem emissi BR.
7 vestri] nostri Tr A et R.
8 quantum] quanta Tr A et R.
9 ac] ad B, BC.
10 Ac] At W.
11 faceretis] facere Tr A et R, B, W, BR.
12 indulsit] om. Tr A et R, B, W, BR.
13 inveniret] invenerit B, W, BC, BR.
14 Regulam praedictam] praedictam Regulam W.
15 famulari] tumulari Tr A et R.
16 huiusmodi] om. B, W, BC.
17 providere] praevidere Tr A.
18 innodatus exsistit] innodati existitis W.
19 harum serie… censentes] om. B, W, BC.
20 habentes] habentur W.
21 eis] his BR.
22 Ordini] Ordinis B, BC.
23 potiuntur] om. B, W, BC.
24 ac] et B, W, BC, BR.
25 generalibus] discretioni vestrae add. Tr A et R, B, BC, BR.
26 vel alium seu alios] vel alium seu aliis Tr A et R, vel alios seu alii B et BC vel alios seu alium W et BR.
27 efficacis] efficaciae Tr A et R.
28 efficacis … praemissis] om. W.
29 quemlibet] quemcumque Tr A.
30 iuris] in eis Tr A et R, B, BR.
31 etiam] om. B, W, BC, BR.
32 in] om. B, BC.
33 Concilio] Consilio Tr A et R. BR.
34 etiam] et etiam B, BC.
35 vim] viam Tr A et R.
36 et] ac B, W, BC, BR.
37 mentis] mensis B, BC.
38 aliisque] aliis BC.
39 ei] ex Tr A et R, eis B.
40 et] ac B, W, BC.

Dernière modification le mercredi, 15 septembre 2021 22:19
Plus dans cette catégorie : « L’histoire des Capucins