Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum

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updated 7:58 AM CET, Dec 2, 2020

Le pardon est une caresse de Dieu

La liturgie de ce jour nous présente deux comportements: un comportement de grandeur devant Dieu qui s'exprime par l'humilité – il s'agit du roi Salomon - et un autre comportement de mesquinerie qui est décrit par Jésus lui-même, voyant les docteurs de la Loi: tout était précis, ils laissaient de côté la Loi afin d'observer leurs petites traditions.

La tradition des capucins est celle du pardon, de pardonner. Parmi vous se trouvent de nombreux grands confesseurs, qui le sont parce qu'ils se sentent pécheurs, comme le fut notre fra Cristoforo. Ils savent être de grand pécheurs et devant la grandeur de Dieu, ils prient sans cesse: "Seigneur écoute et pardonne!" et parce qu'ils savent prier ainsi, ils savent aussi pardonner. À l'inverse, si nous oublions la nécessité de pardonner, alors lentement c'est Dieu lui-même que nous oublions, nous oublions de demander Pardon et nous ne savons pas pardonner. La personne humble, qui se sent pécheresse, est capable de beaucoup de pardon au confessionnal. L'autre, comme ces Docteurs de la Loi qui se sentent purs, les maîtres, savent seulement condamner. Je vous parle comme un frère et à travers vous, je voudrais m'adresser à tous les confesseurs, spécialement en cette année de la Miséricorde: le confessionnal, c'est le lieu du pardon. Et si tu ne peux absoudre – c'est une hypothèse- je t'en prie, ne bastonne pas! Celui qui viens, est à la recherche de réconfort, de pardon, de paix pour son âme. Il faut qu'il trouve un père qui l'embrasse et lui dise: "mais Dieu t'aime!". Et qu'il le lui fasse sentir.

Je regrette de le dire, combien de personnes, je pense que la plupart d'entre nous l'a entendu dire: "moi, je ne vais jamais me confesser car une fois, on ma posé ces questions-là, on m'a fait ceci...". Je vous en prie! Vous les Capucins, vous avez ce don spécial de la part du Seigneur: pardonnez. Et je vous demande: ne vous lassez pas de pardonner. Je pense à une personne que j'ai connue dans un autre diocèse, un homme de gouvernement, qui au terme de son mandat- de gardien, de provincial – à soixante-dix ans a été envoyé dans un sanctuaire pour confesser. Et cet homme avait une file d'attente de personnes, tous: prêtres, fidèles, riches et pauvres, tous. Il était un grand pardonneur. Il trouvait toujours le moyen de pardonner, ou du moins de laisser cette âme avec une accolade. Il me dit une fois: "écoutes, tu es évêque et tu peux m'illuminer, je crois que je pèche car je pardonne trop. Et j'ai ce scrupule ". Et pourquoi? – lui ai-je demandé. "Je ne sais pas, mais je trouve toujours le moyen de pardonner". Et que fais-tu, quand tu te sent ainsi? "Et bien, je vais à la chapelle, au pied du tabernacle, et je dis: Seigneur, excuse-moi, pardonne-moi, je pense qu'aujourd'hui, j'ai trop pardonné. Mais, Seigneur, c'est toi qui m'a donné le mauvais exemple!".

Soyez des hommes de pardon, de réconciliation, de paix. Il y a tant de façon de s'exprimer dans la vie. Il y a les paroles, mais il y a aussi la langue des gestes. Si une personne m'approche, au confessionnal, c'est parce qu'elle a un poids dont elle veut se libérer. Peut-être ne sait-elle pas comment le dire, mais son geste parle: si cette personne s'approche c'est parce qu'elle voudrait changer, changer et être une autre personne et elle le dit en s'approchant. Il ne faut pas nécessairement poser des questions: mais toi, tu... E si cette personne vient à nous, c'est parce qu'elle ne voudrait plus faire ce qu'elle a fait. Mais bien souvent les personnes ne peuvent changer car elles sont conditionnées par leur psychologie, par leur vie, par leur situation. Ad impossibile nemo tenetur. Un cœur large, le pardon... Le pardon est une semence, c'est une caresse de Dieu. Ayez confiance dans le pardon de Dieu! Ne tombez pas dans le pélagianisme: toi, tu dois faire, ça, ça et ça... Vous avez ce charisme de confesseurs. Reprenez-le, renouvelez-le toujours! Et soyez de grands pardonneurs, car ceux qui ne savent pas pardonner achèvent leur course comme ces docteurs dont nous parlait l'Evangile: ils deviennent de grands accusateurs. Et qui est le grand accusateur dans la Bibble? Le diable. Ou tu fais comme Jésus qui pardonne, en donnant la vie, la prière, assis des heures entières, comme l'ont fait ces deux saints, ou tu fais comme le diable qui condamne, qui accuse.. Non, je n'ai rien à ajouter, et à travers vous, je le dis à tous les prêtres qui vont confesser. Et si vous ne vous en sentez pas capables, soyez humbles et dites: non, non, je célèbre la Messe, je lave parterre, je fais autre chose, mais je ne confesse pas car je ne suis pas capable de le faire convenablement. Et demandez au Seigneur la grâce. Une grâce que je demande pour chacun de vous, pour vous tous, pour tous les confesseurs, mais aussi pour moi.

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Dernière modification le mercredi, 10 février 2016 10:11