Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum

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updated 9:30 AM UTC, Nov 27, 2021

La pourpre, un signe pour construire des ponts de dialogue

Benedetta Capelli – Città del Vaticano

A 86 ans, le prédicateur de la Maison pontificale deviendra cardinal au consistoire du 28 novembre prochain : « ce n’est pas une reconnaissance à ma personne mais à la Parole de Dieu ».

Depuis 40 ans, le père Raniero Cantalamessa OFMCap prêche aux papes dans les temps forts de la vie de l’Église comme l’Avent et le Carême. Il a un visage rassurant, la voix calme et la simplicité de qui connaît bien les Saintes Écritures et pour cette raison explique et démontre l’amour de Dieu avec clarté. Le 23 juin 1980, Jean-Paul II le choisit comme prédicateur de la Maison pontificale, et il a également porté sa présence à la télévision pendant 15 ans en racontant l’Évangile dans l’émission « les raisons de l’espérance ».

Il y a de tant signes dans l’histoire du frère capucin, ordonné prêtre en 1958 et diplômé en théologie à Fribourg. Il y a la fondation en 1969, avec Giuseppe Lazzati, du Département des sciences religieuses de l’Université catholique de Milan. Il y a la rencontre avec le Renouveau charismatique, la plus grande grâce de sa vie – comme l’a expliqué à plusieurs reprises le père Cantalamessa – qui s’est également réverbérée sur le chemin vers l’unité chrétienne, dans lequel il est engagé depuis toujours. L’estime qu’ont pour lui les frères d’autres confessions est inconditionnelle : en 2015, par exemple, il a prononcé un sermon au Synode général de l’Église anglicane en présence de la reine Elizabeth, à l’abbaye de Westminster.

Le sermon que je reçois...

Dimanche, le pape François a mis son nom sur la liste des cardinaux. Une surprise pour celui qui habite depuis des années à l’Ermitage de l’Amour Miséricordieux à Cittaducale, dans la province italienne de Rieti, assurant son service sacerdotal à une petite communauté de moniales contemplatives.

R. - Il est clair que plus qu’une reconnaissance de la personne, c’est une reconnaissance de la Parole de Dieu, et cela au plus grand mérite de ceux qui l’écoutent que de ceux qui la proclament. Louons le Seigneur pour cela.

Souvent, vos prédications très profondes ne sont pas seulement appréciées du Pape mais sont également propagées sur les réseaux sociaux. C’est beau, dans un monde qui peine à écouter...

R. - Je dois dire que je suis moi-même plein d’admiration, pas pour mes sermons mais pour ceux qui les écoutent. Parce que penser que des papes comme Jean-Paul II, Benoît XVI ou même François trouvent le temps d’écouter un pauvre simple frère capucin, c’est un exemple qu’ils donnent à toute l’Église, un exemple d’estime pour la Parole de Dieu. En un sens, ce sont eux qui me prêchent.

Dans le choix des nouveaux cardinaux, on devine aussi une certaine reconnaissance pour la famille franciscaine: il y a vous, et aussi le père Gambetti. Comment lisez-vous ce signe ?

R. - Le Pape François apporte ce style qui est le sien un peu en toutes choses. Il met François un peu partout, y compris dans la dernière encyclique qu’il a écrite. Mais je ne voudrais pas donner trop de poids au fait que cette fois il y a un certain nombre de franciscains, dans le passé les jésuites étaient bien présents. Je pense qu’il ne prend pas autant en compte ces facteurs d’ordre religieux que d’autres éléments.

Quel serait la ligne qui, à votre avis, pourrait marquer ce nouvel engagement auquel vous êtes appelé ?

R. - Je pense que je continuerai pour le moment, tant que le Seigneur me donnera assez de santé et que le Saint-Père le voudra, mon activité principale, si la pandémie le permet, et sauf ordres contraires, je devrais reprendre avec le prochain Avent, dans peu de temps.

Vous avez dit que cette nomination vous a également surpris par la vague d’affection venue des dirigeants de différentes confessions religieuses ...

R. – C’est vrai, c’est vrai, j’ai reçu de nombreux courriels, y compris aussi de quelques amis juifs. Cela m’a fait vraiment plaisir car l’une de mes passions a été de favoriser l’unité et le dialogue, en particulier l’unité entre les chrétiens. En une occasion comme celle-ci, voir cette réponse est un signe de rapprochement qui ne concerne pas ma personne mais qui est un peu comme un élément du grand engagement du Pape François à construire des ponts.

Le Pape François à la fin de la liste des nouveaux cardinaux a demandé la prière pour vous mais aussi de l’aide dans le service de l’Église et du peuple de Dieu...

R. - En effet, pour moi, compte tenu du rôle honorifique plus qu’effectif de ce titre, le but est plutôt la joie de pouvoir rester proche du Pape et le soutenir par la prière et la Parole.

Y-a-t-il une personne en particulier ou un moment de votre vie de religieux qui vous est venu à l’esprit lorsque vous avez entendu votre nom à l’Angelus ?

R. - Bien sûr. Une figure qui a eu une grande importance pour moi dans ma vie a été celle du père Pascal Rywalski qui s’est trouvé supérieur général lorsque le Seigneur m’a appelé à quitter l’enseignement universitaire pour me consacrer à la prédication. Je dois ce choix à lui et à son discernement, choix qui m’a ensuite progressivement conduit à être prédicateur de la Maison Pontificale et aussi à parcourir le monde et à prêcher des retraites spirituelles, dont celle de l’an passé pour les évêques des États-Unis. Il était mon père spirituel, et il a joué un rôle particulier à ce tournant tout particulier de ma vie.

Vaticannews.va

Dernière modification le jeudi, 05 novembre 2020 10:40