Curia Generalis Ordinis Fratrum Minorum Capuccinorum

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updated 11:22 PM CEST, Sep 22, 2017

Lucien Botovasoa, tertiaire franciscain : bienheureux

Le 2 mai 2017, la session ordinaire des cardinaux et évêques de la Congrégation pour les causes des saints a reconnu le martyr de Lucien Botovasoa (1908-1947), laïc et père de famille, maître d’école. Avec une sérénité évangélique et après avoir rassuré sa femme et ses enfants, alors qu’il priait pour ses persécuteurs, il se conforma au Christ par l’effusion de son sang.

Deux jours plus tard, soit le 4 mai, le pape François, a autorisé la signature du décret ouvrant les portes à la béatification qui pourrait être célébrée à Madagascar en novembre 2017.

Lucien Botovasoa

Lucien Botovasoa naquit en 1908 à Vohipeno, une commune rurale du sud-est de Madagascar, dans la province de Fianarantsoa.

En 1918, il commence à étudier à l’école publique pour entrer, en 1920, au Collège Saint-Joseph d’Ambozontany dirigé par la Compagnie de Jésus. C’est en l’an 1928, à la fin de ses études, qu’il obtient le diplôme d’enseignant et, en octobre, débute l’enseignement à l’école paroissiale de Vohipeno. Il fait sienne la devise de la Compagnie de Jésus : Ad maiorem Dei gloriam. Deux ans plus tard, le 10 octobre 1930, il épouse Suzanne Soazana à l’église paroissiale. Le 2 septembre de l’année suivante naît Vincent de Paul Hermann, le premier de leurs huit enfants dont seulement cinq survivront. Le Serviteur de Dieu est non seulement l’enseignant du village, mais il est aussi engagé dans la paroisse. C’est un excellent éducateur connaissant, outre le malgache, le français, le latin, l’anglais, l’allemand et le chinois. Musicien exceptionnel et chanteur apprécié, il sera aussi le responsable de la chorale paroissiale. De plus, cet athlète est décrit comme toujours souriant et joyeux, généreux, disponible et répondant aux besoins des gens.

En 1940, le Serviteur de Dieu découvre la Règle du Tiers-Ordre franciscain qui devient dès lors son texte d’étude et de méditation. Ce qui le pousse à entreprendre ce chemin de sequela Christi, avec la vêture de l’habit du Tiers-Ordre franciscain le 8 décembre 1944. Il commence ainsi à mener une vie pauvre, dans la spiritualité franciscaine, caractérisée par une profonde piété et d’un ardent désir de propager partout l’Évangile.  

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1946 et 1947, le désir d’indépendance vis-à-vis de la France, grandit à Madagascar. Dans la région où vivait Lucien, depuis 1946 était devenu roi (Mpanjaka) du Clan Ambohimanarivo Tsimihoño, lui qui soutenait les groupes indépendantistes. Même à Vohipeno les deux factions opposées posèrent des gestes de violence. En 1947 éclate l’insurrection à Madagascar et, le 30 mars, le Dimanche des Rameaux de cette année-là, les églises sont la proie des flammes et commence une chasse aux chrétiens

Le roi Tsimihoño, considérant le respect que les habitants de Vohipeno, catholiques et non catholiques, portaient au « maître chrétien » Lucien Botovasoa, projeta de le capturer en le faisant revenir au village. Pour ce faire, il menaça, s’il n’obtempérait pas à son ordre, de massacrer sa famille. Le Serviteur de Dieu, sachant bien ce qui allait se passer, confia sa femme et ses enfants à un de ses frères et retourna à Vohipieno. Le 17 avril 1947, vers 21 heures, son frère, André, et deux cousins, sous la menace de mort, furent chargés de l’arrêter. Il est conduit à la maison du roi Tsimihoño où, sans aucune forme de procès, il fut condamné à mort. Parvenu au lieu de son exécution, il s’agenouilla et fut décapité alors qu’il priait pour ses meurtriers. Son corps fut jeté dans le fleuve.

 

Dernière modification le lundi, 15 mai 2017 05:29