Après la liturgie et le petit déjeuner,
les membres du CPO ont d’abord travaillé en
ateliers.
Nous avons groupes de travail: Pascal-Rywalski (multilingue),
Marco-d’Aviano (langue italienne), Solanus-Casey (langue
anglaise) et Alejandro-Labaca (langues espagnole et
portugaise). Les échanges portaient sur le rapport
entre les capucins et le pouvoir et les groupes pouvaient
s’appuyer sur les deux conférences d’hier qui avaient
traité ce thème. En fin d’avant-midi, on s’est réuni
en plénière pour mettre en commun les résultats des
discussions. Deux conclusions principales semblent
émerger: 1) il faut bien admettre que nous exerçons
tous un certain pouvoir et qu’une forme de pouvoir
interne est nécessaire à la vie de l’Ordre; et 2)
il nous faut explorer encore de nouvelles manières
de faire usage du pouvoir dans un esprit de minorité,
à l’exemple de Jésus et de François.
L’après-midi, plusieurs participants,
qui à pieds et qui en voiture, se sont rendus à la
Portioncule où François a fondé l’Ordre des frères
mineurs en 1209. François aimait cet endroit, à quelques
kilomètres d’Assise, où il a soigné les lépreux et
accueilli les exclus de la société. Il y fréquentait
la petite église Sainte-Marie-des-Anges qui était
tristement délabrée. C’est aussi à la Portioncule
que François est mort le 3 octobre 1226,
Dimanche, on a prévu un pèlerinage
à l’Alverne où François a reçu les stigmates
et à Monte Casale, le lieu de la célèbre rencontre
de François avec les brigands. Tous ne participeront
pas au pèlerinage car nous avons un bon nombre d’enrhumés
et de grippés... De plus, il a fallu prévoir une alternative
au projet. On annonce de la neige qui rendrait les
routes de montagne inaccessibles aux cars. Si cela
se vérifiait, on prendra plutôt la direction de Celle
di Cortona.
Même après une bonne semaine de travail, l’Ombrie
n’a pas pu offrir un dimanche ensoleillé aux délégués
du CPO. La neige tombée sur les régions montagneuses
de Toscane nous a forcé à renoncer au pèlerinage à
l’Alverne et à Montecasale. Le car nous a plutôt emmenés
à Cortone, à 70 km d’Assise. Nous y avons visité l’Église
Saint-François, construite par fr. Élie dont Cortone
était la patrie. Fr. Élie, ministre général après
s. Franço
is
est aussi le constructeur du Sacro Convento d’Assise
oú se trouve les trois basiliques superposées contenant
le tombeau de s. François. Fr. Élie est mort en 1254
et sa tombe se trouve dans l’église qu’il a construite
à Cortone. Cependant, comme cette église est en réparation,
nous n’avons pas pu la visiter.
Par contre, nous avons visité la cathédrale dont le
fr. Flavio Carraro a été l’évêque pendant deux ans
avant d’être transféré à Vérone. Un prêtre diocésain
nous a décrit avec enthousiasme les nombreuses peintures
qui ornent l’église. Le musée d
iocésain,
adjacent à la cathédrale, possède une impressionnante
collection de tableaux de Luca Signorelli et de Fra
Angelico.
Nous avons célébré l’eucharistie au couvent de Celle
di Cortona, à quelques kilomètres de la ville. Il
s’agit du premier couvent construit par les franciscains.
François était allé en ermitage à Celle di Cortona
en 1211 et avait fait construire une petite habitation.
On dit que c’est au cours de sa dernière visite qu’il
y a écrit le Testament. Le couvent a été laissé à
l’a
bandon
durant des années avant que la population, en 1537,
ne l’offre au capucins. Noviciat de la province de
Toscane durant des siècles, le lieu est aujourd’hui
maison de prière, un authentique lieu de silence et
de récollection. Nous y avons vu l’oratoire et la
cellule de s. François, la petite fraternité construite
par fr. Élie et le corridor du noviciat et ses 20
cubicules, tout un ensemble vraiment évocateur de
nos origines.
Après le repas, nous avons visité le sanctuaire de
sainte Marguerite de Cortone, la grande pénitente
tertiaire du 13e s. L’amour de cette petite paysanne
et d’un jeun
e
noble, le décès tragique de son compagnon dans un
accident de chasse et son rejet subséquent par ses
deux familles, la noble comme la paysanne font d’elle
un figure familière pour le monde moderne. Sa vie
de pénitence, son service des malades et la force
qu’elle savait tirer de son union au Christ la proposent
en modèle pour la vie chrétienne de nos jours.