Un missionnaire combonien, le P.
Alex Zanotelli a entretenu ce matin le Conseil plénier
en relatant d’abord son expérience de douze ans dans
un bidonville de Nairobi où il a eu le privilège d’«
apprendre des pauvres ». Ensuite, il a offert des
réflexions sur les conséquences sociales de la globalisation
et de la part que devraient y jouer les communautés
religieuses. Le Père Zanotelli a été missionnaire
non seulement au Kenya, mais aussi au Soudan et au
Cambodge. Aujourd’hui, très engagé dans les causes
liés à Justice, Paix et Écologie en Italie et en Europe,
il habite dans un quartier délabré en périphérie de
Naples.

Alex
Zanotelli a commencé par nous faire remarquer que
nous avons tous contribué à la misère des temps que
nous connaissons aujourd’hui. Puis il a montré comment
ses années de mission lui ont apporté une nouvelle
vision du monde. Douze ans dans le bidonville de Karogocho
transforme une personne pour toujours. On y manque
de tout : pas d’eau, pas d’électricité, pas d’infrastructures
sociales, sanitaires ou matérielle, pas de travail,
pas de programme d’éducation. Nommez ce que vous voulez
et vous ne le trouverez pas à Karogocho ! Et les pauvres
qui y vivent ne peuvent pas s’échapper de cette environnement.
Les pauvres de Karogocho ont enseigné à Alex Zanotelli
comment lire et comprendre l’évangile et comment voir
la réalité comme Jésus et François l’ont vue. Jésus
a compris sa mission dans les termes de son baptême.
La rencontre du lépreux a changé la vie de François
et l’a amené à suivre le Christ. Pour Zanotelli, c’est
la rencontre de Karogocho qui a changé sa vie. Le
Christ et François devraient nous conduire dans la
voie de l’option préférentielle pour les pauvres.
Dans un second temps, le Père Zanotelli a décrit les
empires de ce monde et leur système financier, leurs
liens avec la course aux armements et les appareils
militaires. Vingt-cinq pour-cent des gens consomment
quatre-vingt-cinq pour-cent des ressources de la terre.
Il appelle ce système le « péché » et le « mal ».
Au cours d’un échange avec son auditoire, il a ensuite
exhorté les frères à retrouver la radicalité de l’Évangile
prêché par le Christ et vécu par François.
Au début de l’après-midi, les membres du CPO ont prié
de manière spéciale pour les victimes des attentats
de Madrid en Espagne. Au retour du travail en ateliers,
fr. Fidel Aizpurúa, un frère espagnol a proposé que
le CPO envoie deux lettres de condoléance, l’une au
fr. Juan Jesús Linares, président de la CIC et l’autre
au maire de Madrid. Voici le texte de ces lettres
:
Assise, le 11 mars 2002,
Monsieur le maire de Madrid,
Très honorable Monsieur,
Les Frères Capucins, réunis en Conseil plénier de
leur Ordre dans la ville d’Assise souhaitons vous
adresser, à vous et à la ville de Madrid, nos condoléances
fraternelles les plus sincères devant la douleur provoquée
aujourd’hui en Espagne par cet attentat inadmissible.
Veuillez accepter l’assurance de notre prière et de
notre volonté de contribuer à la paix dans la société
espagnole qui est une part importante de notre monde
fraternel.
Fr. Aubert Bertrand,
Secrétaire du Conseil
fr. John Corriveau
Ministre général
_______________________________________
Assise, le 11 mars 2002,
Fr. Jesús Linares,
Président de la CIC,
Madrid
Cher frère Jesús,
Nous tous, vos frères capucins réunis en Conseil plénier,
souhaitons vous exprimer, à vous et à tous nos frères
d’Espagne, notre profonde sympathie en ces circonstances
dramatiques des attentats de Madrid. Nous prions pour
vous et plus encore pour les victimes et leurs familles
en ces moments difficiles. Ayez, s’il-vous-plaît,
la bonté de transmettre notre message de condoléance
à tous les ministres provinciaux de la CIC. Nous partageons
avec vous l’espérance d’être des instruments de paix
dans tous les conflits sociaux. Que l’affection de
notre frère s. François soit votre consolation. Fraternellement,
fr. Aubert Bertrand,
secrétaire du Conseil
fr. John Corriveau,
ministre général